12 Février 2016

Mince espoir d'établir une liaison avec Philae

Alors que le petit robot de la mission Rosetta de l’ESA se trouve toujours perdu sur sa comète à plus de 200 millions de km de la Terre, un mince espoir de rétablir la liaison est encore permis.


Position estimée de Philae sur la comète 67P. Crédits : CNES/Ill. D. Ducros.

L'énergie solaire reçue diminue

L’espoir de recevoir des signes de vie du petit robot Philae est minime. En effet, même si l’orbiteur de la mission Rosetta se rapproche régulièrement de la comète Tchoury, la distance qui les sépare est encore aujourd’hui de 50 km. Plus cette distance diminue, plus les chances de rétablir le contact augmentent. En revanche, la comète s’éloignant rapidement du Soleil, l’énergie reçue sur les petits panneaux solaires de Philae diminue inexorablement.

Une tentative de communication pourrait avoir lieu si un survol rapproché au-dessus du site Abydos est tenté dans les semaines qui viennent, mais rien n'est moins sûr car cela pourrait mettre en danger l’orbiteur. Quoiqu'il arrive, Philae sera parvenu à effectuer 80% des opérations scientifiques qu’il était censé conduire à la surface de Tchoury, un résultat exceptionnel.

Pour Philippe Gaudon, responsable du SONC, le centre de contrôle de Philae au CNES de Toulouse, la surveillance continue. Mais que fait-on de toutes ces données collectées par Philae depuis son atterrissage sur la comète le 12 novembre 2014 ?



 Philae sur la comète 67P, Tchoury. Crédits : CNES/Ill. Mira productions.

Les données de Philae

Comment sont conservées les données relatives à Philae et à ses instruments ?

Philippe Gaudon : Il y a un archivage à plusieurs niveaux. Jusqu’à fin 2017, nous stockons ici, au SONC, les données collectées par tous les instruments de Philae et elles sont accessibles aux équipes scientifiques impliquées dans la mission. Nous préparons par ailleurs les archives également disponibles dans le PSA (Planetary Science Archive) de l’ESA, puis, et c’est une première pour une mission spatiale européenne, dans le PDS (Planetary Data System) de la NASA. Les scientifiques du monde entier pourront donc y accéder durant des décennies. Il n’y aura pas seulement les données des instruments, mais également les éléments de contexte permettant de connaître la configuration de bord, quels instruments fonctionnaient à tel moment, quelle était l’orientation à la surface. C’est pour cela que nous espérons vraiment parvenir à voir Philae pour préciser cette orientation et améliorer la qualité des archives.

Est-ce qu’il y a un standard d’archivage international à respecter ?

PG : Oui, tout à fait, et d’ailleurs nos archives sont expertisées par des scientifiques n’ayant pas participé à la mission. Dans notre cas, ce sont essentiellement des experts de la NASA qui vérifient que les archives fournies sont suffisamment indépendantes, suffisamment compréhensibles, pour être pleinement exploitables à très long terme. Cette expertise est en cours et la phase finale débutera à la fin février et durera près de 3 mois. Cela nous amènera peut-être à changer ou à ajouter des éléments. Par exemple, nous avons d’ores et déjà ajouté un critère, attribué par les scientifiques de chaque instrument, pour juger de la qualité des données recueillies. Nous avons donc encore de longs mois de travail pour parfaire les archives que nous délivrerons au final à l’ESA et à la NASA.



Philippe Gaudon, responsable du SONC au CNES de Toulouse. Crédits : CNES.