7 Juin 2016

La surface ''coquille d'oeuf'' de Tchouri

Le robot Philae ne répond plus mais ses données parlent. Publiée le 7 juin 2016, une étude scientifique révèle que la surface de la comète 67P/Churuymov-Gerasimenko, alias Tchouri, est bien plus coriace que prévue.

Le 12 novembre 2014, le robot Philae quittait la sonde européenne Rosetta et atterrissait de manière rocambolesque à la surface de Tchouri. Après plusieurs rebonds, il s'immobilisait contre une falaise. Différents instruments ont alors récolté des données. Constitué d'électrodes situées sous les 3 pieds de Philae, l'instrument SESAME-PP a envoyé 8 min d'information sur les propriétés électriques du 1er mètre de la comète. Les analyser n'a pas été de tout repos !

Nous avons dû émettre de nombreuses hypothèses sur la position de l’atterrisseur et même réaliser une réplique de Philae. Nous avons aussi conçu un modèle numérique de terrain avec l’aide de l'équipe de mécanique spatiale d'Eric Jurado au CNES de Toulouse pour déterminer l'environnement précis entourant Philae et ses instruments” indique Anthony Lethuillier, doctorant au LATMOS et 1er auteur d'un article publié le 7 juin 2016 sur le site de la revue européenne Astronomy & Astrophysics.

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Réplique taille réelle de Philae utilisée par les chercheurs du LATMOS. Financée par le CNES, elle a permis de tester la pertinence des simulations et traitements de données dans une position du robot plutôt acrobatique ! Crédits : Anthony Lethuiller. 

Conclusion ? La porosité du 1er mètre de la comète est au maximum de 50 %, bien plus faible que la porosité de son intérieur estimée à 80 % par le radar CONSERT. La couche superficielle de Tchouri serait un peu comme la coquille d'un œuf ! Cette coquille pourrait être constituée de poussières cimentées entre elles par de la glace venant de couches plus profondes, de l'eau qui se serait sublimée mais n'aurait pas eu le temps de s'échapper dans l'espace et aurait recongelé proche de la surface” explique le jeune chercheur.

Position possible de Philae à la surface de la comète Tchouri. Crédits : CNES/D. Ducros. 

L'instrument SESAME-PP est constitué de 5 électrodes. Seules celles disposées sous les 3 pieds de Philae ont récolté des données. Crédits : ESA / ATG medialab. 

Tchouri vu par la sonde Rosetta le 11 mai 2016. L'orbiteur était alors à 9,9 km de distance du centre de la comète. L'échelle est de 0,16 m/px. Crédits : ESA/Rosetta/MPS for OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA.

Reconstruction de l’atterrissage et des rebonds de Philae le 12 novembre 2014 ; la vitesse, la taille de Philae et les reliefs sont amplifiés. Crédits : CNES/Mira production, 2015.

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